vendredi 25 juin 2010

le sursaut

Un essai de vers ci-dessous. Impressions, avis très bienvenus !


Le sursaut


Je ne suis qu’un sursaut

Un triste rappel

Je sonne l’assaut

Au tout petit réveil

Tu m’oublies aussitôt

tes yeux entrouverts

Mais je reste tapie

Dans l’ombre de ton agitation

Si futile


Je ne suis qu’un sursaut

Une piqûre acide

Qui te laisse boiteux

L’espace d’un instant

Ta vigueur m’écrase

Tu voudrais m’écharper

Mais je m’esquive si vite

dans un introuvable refuge

Au plus profond

de ta conjonctivite


Je ne suis qu’un sursaut

Une gerçure fugace

A la surface aride

Tu me camoufles d’un geste

Tu es bien ridicule

Mais moi, je reste

Coincée quelque part

Prête à germer

A la moindre occasion

Ne tente pas

… l’occasion.


Je ne suis qu’un sursaut

Un déséquilibre bancal

Une improbable fausse route

Mais j’apparais, notable,

Et te voilà saisis d’un doute

Un étranglement subtil

Te suggère de crever ici-même

A ce tout petit moment même

Ou peut-être de te ranimer

Qui sait ?


Je ne suis qu’un sursaut,

une fraction de toi

dans une vie de faussaire

en habit étroit.



6 commentaires:

  1. c'est chouette, je ne suis pas sûre d'avoir tout tout bien compris, mais c'est chouette... je vais relire de ce pas. Juste un truc, j'aurais écrit "tes yeux à peine ouverts" . J'ai l'impression que c'est répétitif "à peine tes yeux entrouverts".... mais bon !

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  2. Imagine... si Séverine dt ca... moi je devrais le traduire et l'analyser que je puisse te dire mes impressions...

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  3. Oh ! Merci pour vos com' les filles. Oui, oui, c'est incompréhensible, c'est fait pour titiller un morceau d'inconscient. Après chacun y met ce qu'il veut.
    Moi, j'imagine un homme politique, hyperactif et très imbu de sa personne, se pensant sérieusement indispensable et jonglant avec les milliards. Et puis, il y a ce moment fugace au réveil, qui ne durerait qu'une fraction de seconde mais pendant lequel il toucherait à son humanité perdue, un moment d'angoisse "et si j'étais devenu un monstre?"... Je crois en une persistance d'humanité même minime, même très très tapie.

    Et puis d'une manière générale, on a peut-être tous eu cette sensation "et si je m'étais complètement planté de vie", ça peut durer une seconde, ça peut durer plus longtemps.

    Bon,je ne sais pas si c'est plus compréhensible expliqué comme ça.

    - Merci Séverine, ta remarque est juste. C'est redondant. J'ai changé

    - Ojni, oui je confirme, c'est incompréhensible pour tout le monde, francophone ou pas ;)

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  4. J'aime beaucoup, je trouve que c'est plutôt fluide !!! Très profond ... peut être un peu trop pour mon petit cerveau gruyèré....

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  5. Merci d'être passée par ici Lou, ça me fait plaisir. Non, non, rien de profond. Juste un morceau de ressenti.

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  6. Le rythme est excellent, les mots s'enchaînent avec fluidité. Agréable à dire !
    Après, pour le sens...
    Juste, le mot "conjonctivite" est vraiment trop évocateur et ne me parait pas à sa place. Et "saisi" sans s

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